ACCOMPAGNEMENTS

Accompagnement. Terme irritant. Irritant car véritable fourre-tout. Mais terme incontournable dans le paysage social depuis maintenant près de vingt ans. Ce début de 21ème siècle signe une société fonctionnant sur le mode de l’accompagnement. Pour le pire et le meilleur, comme dans tout arrangement déterminant mais provisoire.

Maela PAUL – Formatrice, consultante, enseignante – Université de Nantes
Extrait de L’accompagnement une posture professionnelle – 2004

A propos
de l’accompagnement culturel

Accompagner, c’est selon Alain REY, « prendre un compagnon pour un déplacement ». Ce peut être se joindre à quelqu’un pour aller où il va en même temps que lui. L’accompagnement suppose une évolution. On n’en sort pas indemne. Pendant un accompagnement, les lignes bougent et les modifications les plus profondes ne sont pas seulement liées à quelques améliorations factuelles dans la gestion du projet associatif. Elles engagent toujours le fond même des projets.

L’accompagnement culturel suppose selon la structure considérée et l’objectif visé, la mise en œuvre de divers modes opératoires. Accompagner c’est selon le cas, guider, conduire, conseiller, assister, compagnonner, escorter, entraîner.

Certes, si au cours d’un accompagnement, le consultant expose les grandes lignes du plan comptable associatif, l’espace de discussion est moins large que s’il s’agit d’analyser un environnement concurrentiel, mais globalement l’accompagnement culturel ne peut pas relever de méthodes directives. C’est pourquoi le consultant n’intervient jamais « ex cathedra », de façon dogmatique ou sur un ton doctoral.

Crédit photo : Lieu-Commun

Il est difficile d’énumérer les qualités (et les défauts) nécessaires pour être un bon accompagnateur :

un peu confident, conseiller, parfois médiateur, devant rappeler les règles, faisant aussi office de centre de ressources. L’accompagnateur ne doit jamais faire sien le projet qu’il accompagne et ne peut en être ni l’avocat ni le thuriféraire. La structure accompagnée attend de lui un regard extérieur, vigilant, bienveillant, parfois iconoclaste ; des apports de compétences, de méthodologie, de rigueur, mais aussi d’énergie. Le consultant accompagnateur essaie d’être tout cela, parfois en même temps ou dans des moments très proches.

Au Cabinet Phôsphoros, nous aimons pratiquer cette forme d’intervention qui demande de l’adaptabilité, une capacité à la remise en cause permanente, de la mobilité intellectuelle, culturelle, artistique et évidemment géographique.

Besoin d’un regard extérieur et d’un accompagnement
pour faire évoluer votre projet ?

L’accompagnement culturel
dans quels dispositifs ?

et pour quels résultats ?

Quelles que soient leurs tailles, leurs âges, leurs antériorités sur les territoires, les structures qui font l’objet d’un accompagnement culturel sont presque toujours à la croisée des chemins, dans une phase d’interrogations, dans un moment où il faut prendre des décisions, parfois dans l’urgence. L’accompagnement doit permettre de passer cette phase souvent délicate et d’atteindre, en quelque sorte, « l’autre rive ».

En une vingtaine d’années, en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, Provence-Alpes-Côte-d’Azur, en région Centre, cinq consultants intervenants du Cabinet Phôsphoros ont conduit à peu près un millier d’accompagnements dans le cadre de divers dispositifs.

Le Cabinet Phôsphoros intervient principalement dans les domaines suivants : spectacle vivant, arts visuels, enseignements artistiques, patrimoine, lecture, artisanat d’art et action culturelle territoriale. S’agissant d’accompagnements culturels, le cabinet Phôsphoros intervient presque quotidiennement dans le cadre des
DLA « Dispositifs Locaux d’Accompagnement ». Ce dispositif s’adresse à des structures qui développent des activités et services d’utilité sociale reconnus sur un territoire et veulent pérenniser ou créer de l’emploi.

L’accompagnement doit permettre de passer cette phase souvent délicate
et d’atteindre, en quelque sorte, « l’autre rive ».

De l’impact à l’empreinte

évaluer les résultats des accompagnements culturels

82,5% des associations ayant bénéficié d’un accompagnement poursuivent leur développement
après un accompagnement.

Les dispositifs d’accompagnement ne sont donc pas des artifices de maintien en vie. Ce sont des révélateurs ou des accélérateurs de situation.
Le Cabinet Phôsphoros a organisé et animé divers colloques consacrés à la question des accompagnements culturels. Dans le cadre de l’association OPALE,* il collabore à la rédaction de fiches techniques, il participe à des enquêtes qualitatives et quantitatives destinées à mesurer l’effet des accompagnements.

Pourquoi vouloir analyser les retombées des accompagnements culturels, mais surtout nous interroger sur leur durabilité ?
Plusieurs raisons à cela :

L’engagement public auprès des associations
Les financements de ces accompagnements sont publics et à l’heure où la culture de l’évaluation se généralise, s’interroger sur la pertinence de l’utilisation de ces fonds est légitime.
L’accompagnement et la valorisation du territoire
L’attention portée à un développement culturel harmonieux sur un territoire est une préoccupation essentielle des élus et l’accompagnement d’une structure culturelle participe à la valorisation d’une politique culturelle territoriale.
L’accompagnement au service de l’intérêt général
Nos actions, celles des opérateurs comme celles des consultants, relèvent bien de l’intérêt général, donc d’une forme d’engagement citoyen. En cela, elles ne sont pas réductibles à des questions de technique ou de méthode.
La pertinence de l'accompagnement et de ses préconisations
Pour le consultant, acteur impliqué dans l’accompagnement culturel, cette interrogation relative à la pertinence de son travail relève de l’obligation professionnelle.
La professionnalisation des acteurs culturels du territoire
Accompagner, c’est aussi, permettre aux individus engagés d’être mieux armés pour mieux défendre, sur leurs territoires les politiques culturelles mises en œuvre.
titre : De l’impact à l’empreinte - Le développement culturel des territoires
Les retombées des accompagnements culturels dépassent le plus souvent la structure à laquelle ils ont été destinés. Elles sont en fait le plus souvent collectives. C’est-à-dire que l’on passe de l’impact à l’empreinte : impact sur l’association qui a fait l’objet
d’un accompagnement culturel et empreinte de l’action de l’association sur le territoire.

*OPALE : association animant le Centre de Ressources Culture pour les Dispositifs Locaux d’Accompagnement – DLA