UNE PHILOSOPHIE
POUR FONDER NOTRE ACTION

Action culturelle

Ne pas confondre moyens et objectifs

Agir sans bien savoir pourquoi, cela revient à faire de l’action une fin en soi. C’est le piège de l’activisme. Pour ne pas tomber dans ce piège, il faut avant d’agir, définir les raisons qui fondent l’action. Aussi pensons-nous qu’accompagner des femmes et des hommes, dans le domaine de l’action culturelle et du développement local, conduire au service des collectivités locales, des actions de consulting, de médiation culturelle, cela ne relève pas seulement de méthodologies et de procédures.

La technique libère écrivait Diderot.

Bien sûr, les acteurs de l’action culturelle et de la médiation culturelle doivent disposer d’outils d’analyse, de compétences techniques, financières, juridiques et de moyens humains et matériels, pour pouvoir mener à bien leurs projets qu’ils soient éphémères ou durables.

Par l’expertise, le conseil, la formation, le Cabinet Phôsphoros accompagne ses partenaires dans des démarches d’acquisition ou de consolidation pour les libérer et non pour les enserrer dans un ensemble de contraintes. Mais il remplit ses missions en se gardant d’une certaine tendance à la technocratie qui envahit tous les milieux y compris celui de la culture. Il s’agit pour lui de ne pas faire émerger ou contribuer à l’émergence de projets culturels modélisés, clonés, tandis que disparaissent peu à peu ceux qui incarnent la culture dans l’originalité de leur propre sensibilité, de leur propre intelligence.

La démocratisation de l’accès à la culture ne se résout pas par l’instauration d’une impossible culture de masse. Culture de masse, la contradiction est dans les termes. Hannah Arendt écrivait qu’il n’y avait pas de culture de masse, mais seulement des loisirs de masse…/…Démocratiser la culture, c’est maintenir chacun des termes « démocratie » et « culture » sans les dénaturer et reconnaitre qu’il y a antinomie lorsqu’on fait de « culture » le complément d’objet direct du verbe démocratiser.

Michel SCHNEIDER – ex Directeur de la Musique et de la Danse au Ministère de la Culture
Extrait de La comédie de la culture

Croyez-vous que l’action culturelle crée une communauté d’esprit
pour mieux comprendre le monde ?

Le Cabinet Phôsphoros

Quelques spécificités

En ce qui concerne la façon de conduire ses missions, le Cabinet Phôsphoros présente quelques spécificités :

Les consultants s’appuient sur un grand nombre d’aventures professionnelles vécues avant de créer le Cabinet Phôsphoros. Dès lors ils ne proposent jamais de solutions qu’ils ne seraient pas capables de mettre en œuvre le cas échéant. Pour eux, la théorie doit donc se fonder sur un ensemble de pratiques tandis que les pratiques se définissent à partir d’acquis théoriques. Cette dialectique « théorie de la pratique et pratique de la théorie » est constitutive de l’identité du Cabinet Phôsphoros.

Législation du spectacle vivant, lois relatives aux droits et devoirs de l’Etat et des Collectivités locales, protection des œuvres et droits d’auteurs, transpositions du droit communautaire à la législation nationale… voici quelques-uns des domaines où les textes évoluent très rapidement, sont complexes et diversifiés.

Le Cabinet Phôsphoros effectue systématiquement un travail de veille dans les secteurs où la législation impacte le fonctionnement des structures de l’action culturelle.

L’art, la culture n’irriguent pas nos territoires seulement à partir des grands équipements ou des institutions établies. Chaque jour, des aventuriers de la culture font naître de nouveaux projets fragiles au début, atypiques, imaginatifs, non encore reconnus. Ils innovent, entrent dans des espaces inconnus, manipulent l’utopie.

Au Cabinet Phôsphoros, on aime accompagner et conseiller les porteurs de ces projets, car c’est ici que se prépare l’avenir.

D’un côté on affirme que tout est culture, qu’il n’est pas nécessaire de se confronter aux disciplines artistiques, qu’il n’y a pas de distinguo à effectuer entre pratiques amateurs et pratiques professionnelles, que l’idée même de progression s’oppose au développement « d’un loisir culturel pour tous ».

De l’autre côté, on défend une vision intégriste de la création en estimant qu’il faut supprimer tout travail de médiation ou de sensibilisation entre l’œuvre et le public. Aux créateurs de créer, à la population de comprendre immédiatement.

Les consultants du Cabinet Phôsphoros abordent ces questions à partir de leur expérience. Pour eux on fait progresser la cause de la culture, même dans les quartiers les plus difficiles, en étant quelques pas en avant mais pas plus, en évitant que se creuse le fossé entre public et création.

Ainsi fait-on adhérer un large public à des choses nouvelles,
sans agressivité, sans provocation, sans suffisance.

Crédit photo : Karine Veyres

Politiques culturelles
Raisons d’inquiétude

et positionnement philosophique

Nous vivons une période où, un à un, les piliers sur lesquels semble reposer notre civilisation sont, à tort ou à raison, mis en cause : religion, médecine, démocratie, armée, justice, nation, famille, sciences, instruction, éducation. Une partie de plus en plus importante de la population perd globalement confiance en ce que l’on appelle improprement ses élites et la bête immonde que dénonçait Bertolt BRECHT reprend de la vigueur.

Ainsi appelons-nous «crise» ce moment de l’histoire où au milieu du gué, nous ne voyons plus les rives côté passé, tandis que les rives du futur ne sont encore qu’à peine entrevues.

Dans cette situation, s’agissant de définir des politiques culturelles au niveau des collectivités locales, deux tendances nous inquiètent :

Il existe de plus en plus de collectivités locales, où les décideurs, de bonne foi ou pour des raisons idéologiques, estiment que le rôle de la culture consiste à dupliquer les formes artistiques et les idées héritées du passé et ne souhaitent pas se confronter aux questions de création. «Le patrimoine certainement, la création, certainement pas».

Devant ce type de problématique, le Cabinet Phôsphoros ne peut pas être neutre. Sa mission consiste, notamment par un travail de médiation culturelle à conseiller, accompagner les acteurs de l’action culturelle. L’objectif est de faire progresser la cause de la création, de favoriser les productions de l’esprit et l’émergence des formes nouvelles de la culture, en évitant que se creuse le fossé entre public et création.

Une autre tendance se fait jour dans certaines collectivités locales…

Elle consiste à bannir les projets de qualité pour « cause d’élitisme » et à proposer dans l’espace public, des programmations culturelles calquées sur les goûts dominants, qui ont été formatés par les chaines télévisées aux heures de grande écoute. Ce serait l’équivalent moderne de la formule antique « du pain et des jeux ». Il n’y a alors plus besoin de médiation culturelle, ni d’action culturelle puisque ces programmations sont construites autour de ce que la majorité est censée reconnaître et non de ce qu’elle pourrait découvrir.

Dans les cas assez rares où les objectifs d’une collectivité locale sont contradictoires avec les valeurs que défendent les consultants du Cabinet Phôsphoros, le bureau d’étude se retire tout simplement, afin ne pas être instrumentalisé.

L’objectif est de faire progresser la cause de la création, de favoriser les productions de l’esprit et l’émergence des formes nouvelles de la culture.

Globalement, le Cabinet Phôsphoros trouve sa raison d’être dans le fait qu’en ces temps difficiles,

les artistes
sont les guetteurs
du siècle

Ils annoncent notre monde futur et tout à la fois le reflètent.
Le Cabinet Phôsphoros est profondément attaché à sa mission de médiation culturelle parce que la culture et l’art ne sont pas seulement producteurs d’esthétiques, ou destinés à combler un vide existentiel par le moyen du loisir créatif, mais constituent un formidable moyen de transformation du monde.

Crédit photo : Damien Aspe / Artistes : Pauline Lespiau, Extérieur jour – Bivouac, 2015

Globalement, le Cabinet Phôsphoros trouve sa raison d’être dans le fait qu’en ces temps difficiles,

les artistes
sont les guetteurs
du siècle

Ils annoncent notre monde futur et tout à la fois le reflètent.
Le Cabinet Phôsphoros est profondément attaché à sa mission de médiation culturelle parce que la culture et l’art ne sont pas seulement producteurs d’esthétiques, ou destinés à combler un vide existentiel par le moyen du loisir créatif, mais constituent un formidable moyen de transformation du monde.